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Historique

"Allons en Vent" est une coopérative qui a vu le jour en 2001 à l'initiative de citoyens du village de Mesnil-Eglise (commune de Houyet, sud de la Province de Namur). L'objectif est une production écologique et décentralisée d'énergie dans le but de laisser entre les mains des générations futures une planète dont nous pouvons être fiers. Les enfants étant les principaux bénéficiaires de ce mouvement, pourquoi ne pas mettre dès aujourd'hui entre leurs mains cette éolienne citoyenne? C'est l'idée qui a germée dans la tête de Bernard Delville, un ingénieur habitant Mesnil-Eglise.

L'idée prend forme, et "Vents d'Houyet" SCRL est constituée le 24 octobre 2001 par 19 fondateurs qui réunissent un capital de 18.800 EUR. Ce montant permet d'installer un mât de mesure du vent au Tienne du Grand Sart à Finnevaux (commune de Houyet). Les résultats des mesures sont concluants, et l'étape suivante est lancée: les démarches administratives pour la construction, et la vente de parts afin de rassembler assez d'argent pour financer le projet.

Les parts de la coopérative (de valeur nominale de 100 EUR) sont alors achetées par des parents, grands-parents, oncles, tantes, parrains, marraines et amis qui les offrent à un enfant. Après plusieurs mois de souscription ouverte au grand public (à une époque où internet et l'e-mail n'étaient pas encore beaucoup utilisés !), la coopérative regroupe 350 "parrains", 850 "filleuls", et un capital social de 200.000 EUR.

Le 29 avril 2005 la coopérative change de nom et devient "Allons en Vent". Parallèlement est constituée "Vents d'Houyet" ASBL, qui sera le moteur de nombreux autres projets et coopératives.

Pour boucler le financement de ce projet de 800.000 EUR, des crédits d'un montant total de 600.000 EUR sont souscrits auprès de la banque Triodos.

Le 12 février 2006, l'Eolienne des Enfants (de marque Enercon et de puissance installée de 800 kW) est inaugurée en fanfare sur le Tienne du Grand Sart ("allons en vent de la patrie,...").

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Afin de renforcer le symbole fort de cette éolienne entre les mains des générations futures, une fresque en céramique représentant des pièces de puzzle est réalisée au pied de l'éolienne. Chaque pièce de cette oeuvre de Marie Chantelot est signée par un enfant coopérateur.

aev-inauguration-mosaique-1   aev-inauguration-mosaique-2

L'Eolienne des Enfants produit en moyenne 1.000.000 kWh (= 1.000 MWh = 1 GWh) par an, ce qui correspond à la consommation de 300 ménages.

Grâce au travail bénévole de ses administrateurs, la coopérative a réussi à dégager de modestes bénéfices, qui ont servi à:

  1. offrir des avantages en nature à nos jeunes coopérateurs: réduction sur des stages d'éducation à l'environnement, voyage à l'usine d'Enercon en Allemagne, coup de pouce financier pour une mini-entreprise;
  2. soutenir de nombreux projets ayant une plus-value sociétale (potager scolaire, économies d'énergie dans des bâtiments scolaires, achat de petites insallations photovoltaïques, etc.). Pour plus de détails, voir notre section "Soutien de projets";
  3. distribuer des dividendes à nos coopérateurs. Ces dividendes ont été de maximum 6%/an, qui est le plafond imposé par la législation belge pour les coopératives agréées par le Conseil National de la Coopération;
  4. investir dans une éolienne d'enfants à Chagny (France);
  5. financer deux installations photovoltaïques à Bellefontaine et l'installation de chauffage d'une habitation sociale à Saint-Hubert, en collaboration avec la coopérative Gaume Energies .

Le 1er avril 2015, Allons en Vent reçoit une très mauvaise nouvelle, et ce n'est malheureusement pas un poisson d'avril: le Conseil Communal de Houyet (majorité PS-CdH), se basant aveuglément sur une circulaire du Ministre Paul FURLAN (PS), décide d'imposer une taxe sur toutes les éoliennes de la commune: un forfait annuel de 12.500 EUR, quelle que soit la taille ou la production de l'éolienne ! Donc pas de distinction entre une petite éolienne comme l'Eolienne des Enfants et des grosses éoliennes qui produisent 5 fois plus ! Allons en Vent lance une campagne de presse pour dénoncer cette taxe inéquitable et disproportionnée, et le ministre FURLAN se rend compte que sa circulaire a oublié le sort des petites éoliennes. Il modifie sa circulaire pour l'année 2016, et nous dit "J'espère ainsi que la commune de Houyet sera également sensibilisée au sort des petites éoliennes à vocation citoyenne et qu'elle modifiera son règlement-taxe, mais je ne peux l'y contraindre." (lettre du 8 décembre 2015 envoyée par le Ministre FURLAN à Allons en Vent). Rien n'y fait: malgré plusieurs tentatives du conseil d'administration d'Allons en Vent pour trouver un compromis avec le Collège Communal de Houyet, ce dernier maintient le règlement taxe voté, et rejette la réclamation introduite par Allons en Vent.

Face à cette taxe inéquitable et disproportionnée, Allons en Vent n'a eu d'autre choix que de trouver un avocat pour aller plaider sa cause au Tribunal de Première Instance de Namur. Maître Pierre DESENFANS du bureau Liedekerke a accepté de nous défendre pro-deo. La séance d'introduction a eu lieu le 23 juin 2016. Les plaidoiries auront lieu le 21 février 2019.

Fin 2016, la commune de Houyet persiste et signe: elle réclame à nouveau une taxe forfaitaire annuelle de 12.500 EUR à l'Eolienne des Enfants, cette fois pour l'année 2016 ! Donc en contradiction totale avec la nouvelle circulaire du ministre FURLAN, derrière laquelle le collège communal se réfugiait en 2015. Nous devrons à nouveau introduire une réclamation auprès du collège communal, et s'il rejette notre réclamation, nous devrons à nouveau introduire une requête au Tribunal de Première Instance de Namur... Le collège communal actuel prend un gros risque, car si nous gagnons notre procès en 2019, il devra nous rembourser (et aussi aux autres petites éoliennes de la commune, voire aux grandes) toutes les taxes indûment percues. Cela pourrait faire un énorme trou dans le budget communal... en 2019 ! Mais d'ici-là les élections communales auront eu lieu (en 2018), et ce sera sans doute une autre majorité politique qui devra régler le problème. On ne peut que s'indigner d'une telle gestion par la majorité PS-CdH actuelle !